Qui dit reprise en main (sérieuse) de blog, dit petite mise à jour dans les présentations (oui, "les" : je vous invite à vous présenter en commentaire, si vous le souhaitez).

Parce qu'il y a eu pas mal de rebondissements et de tournants depuis ma « simple » activité en tant que fonctionnaire à l’hôpital.

Pour reprendre le contexte et préciser un peu : après presque trois ans de bons et loyaux services à l’hôpital public (et plus de quatre ans si on compte les stages), en psychiatrie (secteur fermé), j’ai levé le camp, j’ai pris mes distances pour aller voir ailleurs l’herbe plus verte, et me décentrer des services dits « de crise ».

Pour faire court, était apparue chez moi une souffrance professionnelle certaine, nourrie par des conditions de travail déplorables (peu de moyens humains, matériels, institutionnels...) et des plannings en trois huit juste hallucinants (obligation de minimum deux semaines de nuit tous les deux mois, personnel tournant en flux tendu constant avec beaucoup de « burn-out », arrêts maladies en conséquence, rappels quasi systématiques sur les repos, culpabilisation des personnes refusant de revenir bosser, et j’en passe). Tout cela dans un contexte d'accueil de crise : des patients très angoissés, parfois violents (auto ou hétéro agressifs), survoltés ou largement dépressifs, avec ou sans velleités suicidaires / de fugue...
Il s'ensuivit pour mon cas, vous vous en doutez, un état d’épuisement physique tant que psychique, doublé d’une frustration massive à ne même plus pouvoir prendre soin (au minimum du minimum) des patients hospitalisés. 

Je cherchais autre chose, j’ai été voir dans d’autres hôpitaux, cliniques, associations ; j’ai passé des entretiens… Jusqu’à voir cette annonce pour la petite structure dans laquelle j’occupe une place depuis bientôt quatre ans.
 
C’est une structure à taille humaine, avec moins de dix intervenants. Il s’agit d’écoute, essentiellement : rencontrer des mineurs, de jeunes majeurs, et parfois leurs familles. Le projet exigeait une aptitude à mener des entretiens avec ces derniers, afin de comprendre leurs situations, et (re)créer du lien – que ce soit avec le jeune, sa famille, ou avec les différentes structures qu’il fréquente. Tout cela dans l’idée de mettre en place / faire perdurer une prise en soin globale. Il s’agit donc non seulement d’entretien, mais aussi d’analyse et de travail en équipe resserré.
J’ai été immédiatement emballée par cette description d’un travail qui me paraissait être une complète redécouverte de mon métier.

La discrétion professionnelle (et ma jugeote personnelle) m’imposent de ne pas citer cette structure, mais je me dois d’en divulguer un minimum afin de rendre le reste (les articles à venir) à peu près compréhensibles.


Par ailleurs, j'ai décidé de reprendre des études à l'université, à côté de tout cela : le bénéfice du temps libéré pour penser, rêver et entreprendre.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur mes activités passées, mes révoltes (qui restent fondées, mais je n'exerce plus dans le même cadre, aussi ai-je aujourd'hui un regard bien plus distancié et différé sur les grandes institutions hospitalières), je vous laisse consulter l'historique des articles.

 

Bienvenue, et à bientôt pour de nouvelles aventures :)