L'espace et le temps sont deux éléments qui ont été essentiels au cheminement qui a conduit à ma reprise d'étude. Un troisième acteur, sans lequel rien de tout cela n'aurait eu lieu, se nomme "hasard", même si j'aime à penser que ça n'était finalement qu'une suite de coïncidences, qui m'ont amenée à gravir les marches de l'Université.

Je voulais reprendre une formation, ou bien des études ; quelque chose qui ne soit pas que quelques jours de réflexion. Je sentais que mon cerveau trépignait, ayant soif de nouveaux apprentissages, d'approfondissements théoriques, de mise au travail de ces capacités purement et simplement cérébrales. Il me manquait véritablement quelque chose. Je n'osais en parler, si ce n'est à un ami intime et pourtant lointain, qui m'encourageait de tous ses mots à retourner vers les bancs d'une école, d'une skholè, d'un temps libéré pour mettre mes actes en pensées - enfin !

C'est une vieille connaissance qui m'a suggéré le nom de la faculté dans laquelle je me suis finalement inscrite - sans connaître grand chose du programme de Master. J'ai monté un dossier de financement sans y croire, qui a été accepté par miracle, deux semaines avant la clôture des inscriptions. Bien sûr, je m'étais inscrite bien avant, car cette reprise d'étude était devenue un vrai besoin, essentiel à la poursuite de mon travail. J'avais donc envisagé de mener ce Master sans financement, en ayant négocié une diminution de mon temps de travail à 80 %. J'ai finalement pu mener cette première année de Master de manière relativement tranquille, libérée sur chaque temps de cours ou d'examen. La deuxième année fut plus périlleuse ; par l'absence de financement, mais aussi car j'étais - et suis toujours - décidée à entrer en doctorat : il me fallait d'excellents résultats. Mais cette année fut, comme la première, couronnée de succès, ce dont je ne suis pas peu fière.

Ainsi, sans financement aucun, la science (et la bibliothèque universitaire) me tendent-elle aujourd'hui ses bras. J'espère écrire une belle thèse, toute emplie des richesses croisées de mes approfondissements théoriques et de mon expérience pratique, toujours renouvelée. L'infirmière-doctorante que je suis fera ainsi sa rentrée de septembre dans un sympathique laboratoire de Sciences Humaines, un peu après avoir retrouvé ses patients, en rentrant de congés annuels. Elle dispensera même un TD aux étudiants dont elle faisait partie, hier encore. 

Et, bien sûr, elle racontera ici ce qu'elle a besoin de raconter...

 

 

(A suivre, pendant encore trois ans)