Qui tient encore un blog en 2018 ?

C'est cette question qui vient de me percuter de plein fouet. Mon premier blog date du début des années 2000, et ça restait swag jusqu'au début des années 2010. Mais aujourd'hui, dans un monde qui ne supporte plus que l'image ? Les blogueurs et blogueuses se contentent largement d'un compte Instagram, à l'heure où YouTube et Twitter explosent.

S'imposer de lire tout un article sur une page sans couleurs ni mouvement ? Une idée saugrenue, tout bonnement. Et pourtant, c'est souvent au prix d'une petite souffrance - un pavé de mots, sur lesquels on peut buter à tout instant - que l'on retire un peu de plaisir et d'envie d'aller plus loin (soit notre ami le désir, pour les plus psychanalystes d'entre vous).

Pour ma part, j'aimerais (re)trouver ces compagnons de route, écrivants acharnés, raconteurs d'un quotidien qui ressemble un peu au mien. Comme un réconfort quand les aspérités de cette nouvelle vie se feront trop saillantes ; comme un partage, une liaison de vie à vie, d'un moment à un autre moment qui s'en approche un peu, et qui pigmente les formes invisibles de mon propre tableau.

Il faut bien le dire : je suis de celles qui songent à leur chemin de vie comme à un art - qui devient parfois une oeuvre, dans ses hasards les plus incongrus. Un art spontané, dont je me construis continuement un souvenir ; que partager de soi-même, si ce n'est le pur présent - déjà passé - lorsqu'on ne fige rien de ce qui a été vécu ?

C'est sûrement pour cela que j'entreprends ce travail de thèse ; il me faut inscrire quelque chose, quelque part, qui puisse faire date, même à toute petite échelle.